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UN VENT DE CHANGEMENT
Les bonnes nouvelles se succèdent au Québec en matière d'environnement. Avec un investissement de 5,5 milliards de dollars, le gouvernement du Québec vient d'investir massivement dans une énergie propre et renouvelable en ajoutant 2000 mégawatts d'énergie éolienne à son réseau électrique.

C'est bien, très bien. Les résultats de l'appel d'offres lancé par Hydro-Québec n'ont pas fait que des heureux. Un meilleur encadrement de ce concours et de ces promoteurs aurait sans doute évité les querelles de villages et prévenu quelques manipulations de l'information dans certaines agglomérations. Il faut toutefois se rappeler que l'annonce des projets retenus ne constitue pas la fin d'un processus, mais plutôt le début d'une vaste opération de consultation publique dirigée par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Dans certaines régions, le débat ne fait que commencer, mais il aura au moins le mérite de rendre l'information accessible à tous et de faire preuve de plus de transparence, dans un cadre de consultation reconnu.

L'annonce de cette semaine a jeté un peu d'ombre sur un autre investissement important en environnement. Québec a en effet décidé d'investir dans le développement des technologies vertes en injectant 12 millions d'argent frais pour favoriser la croissance et le développement de l'industrie québécoise de l'environnement. Cette somme s'ajoute à toute une série d'autres mesures qui visent à réduire notre consommation d'énergie et, par le fait même, nos émissions de gaz à effet de serre. Si l'on considère l'ensemble des sommes investies, dont un fonds d'investissement d'un peu plus de 90 millions mis en place avec d'autres partenaires, on doit reconnaître que le virage vert entrepris par Québec est important.

Le gouvernement Charest rêve de faire du Québec un leader dans le domaine de l'environnement et des technologies propres au pays. Pour ce faire, il était essentiel d'investir aujourd'hui pour demain, d'offrir aux promoteurs, aux inventeurs et aux penseurs, les moyens nécessaires pour expérimenter, pour mener à bien leurs idées novatrices pour demain. Parmi ces visionnaires se cachent ceux et celles qui apporteront des solutions concrètes à nos problèmes de surconsommation d'énergie.

Mais...

Toutes ces bonnes nouvelles cachent pourtant un mal profond. Nous sommes parmi les plus importants consommateurs d'énergie au monde et, malgré nos beaux discours et nos bonnes intentions, nous encourageons toujours davantage le développement de la filière énergétique, sous toutes ses formes, par nos habitudes de consommation.

D'autres rivières seront sacrifiées et d'autres paysages seront massacrés tant et aussi longtemps que nous ne réduirons pas notre consommation d'énergie. Le choix de l'éolien comme source d'énergie complémentaire est un bon choix. Mais les efforts pour demain doivent absolument stimuler un changement dans nos habitudes de consommation, par une réduction de notre consommation d'énergie, encouragée par des programmes simples et accessibles pour favoriser l'efficacité énergétique au Québec. Pour ce faire, il est essentiel d'impliquer les citoyens dans ce vaste chantier, de les inciter à apporter leur contribution, dans chacune des pièces de leur maison, dans leur bureau ou au chalet.

Pour y arriver, il faudra réussir à regrouper sous une même enseigne tous les joueurs de l'industrie, des différents ordres de gouvernement en passant par tous les distributeurs d'énergie, pour que la multitude des programmes offerts en efficacité énergétique soient réformés et simplifiés. À n'en pas douter, les économies d'énergie et les comportements plus responsables demeurent encore le meilleur choix.

Le véritable virage vert, et le plus simple à réaliser, est encore à venir. Il est là, accessible et à peu de frais quand on le compare aux coûts des futurs chantiers hydroélectriques. Avec des programmes en efficacité énergétique adéquats et une réorganisation des structures en place, nous pouvons encore réaliser des gains importants, à court terme, avant même que les pales géantes de demain n'aient brassé leurs premiers vents dans un décor bucolique, ou que les bassins de la rivière Romaine soient détournés au nom du progrès.

Avec ses récents engagements pour des sources d'énergie propres, Québec respecte les grands principes du développement durable, et il faut s'en réjouir. En favorisant l'émergence des nouvelles technologies et en investissant dans des sociétés en démarrage qui semblent prometteuses, nous investissons tous pour demain. Un principe qu'Ottawa devrait comprendre et appliquer rapidement.

Scandale

Quand on pense que le gouvernement du Canada signe, chaque matin, un chèque d'un peu plus de 2,5 millions sous forme de crédits d'impôt octroyés à l'industrie pétrolière, on est en droit de se questionner sur l'utilisation de notre argent par Ottawa. Surtout quand les profits de cette industrie frôlent l'indécence, que notre dépendance au pétrole a contribué à une crise alimentaire mondiale et que le simple transport des denrées vitales aux pays les plus pauvres rapporte toujours davantage à cette industrie.

À ce que je sache, l'industrie pétrolière n'a rien d'une industrie en émergence et elle n'a pas besoin de nos subventions pour continuer à exercer son influence sur l'économie mondiale. Pour réduire notre dépendance au pétrole, il faut savoir miser sur des formes d'énergie vertes et renouvelables. Québec l'a compris. Ottawa, sûrement pas. Mais la technologie, aussi verte soit-elle, ne sera pas le remède à tous les maux. Car, en matière d'énergie, au Québec, il sera aussi grand temps de réduire notre consommation et de ménager nos transports!

Jean Lemire

La Presse

 

 
 
OBSERVATOIRE DE L'ENERGIE