Energiezoom
Forums Archives Contact
ZOOM SUR L'ENERGIE MONDIALE Ajoutez vos articles  
 
Sources d’énergie

Gestion de l’énergie

Perspectives

Situation mondiale
Banque de données

ZOOM SUR
 
 
ENERGIE EOLIENNE : UN FONDS DANS LE VENT
Le vent est dans l'air du temps et le vent vient de se doter de son ETF ou Exchange Traded Fund. Il s'agit d'un fonds coté en continu, qui réplique l'indice Nasdaq OMX Clean Edge Global Wind Energy.

Dans le vaste fourre-tout des énergies renouvelables, le vent représente presque un tiers du secteur. En mars 2008, les éoliennes de la planète délivraient 100 gigawatts, de quoi alimenter 75 millions d'habitations. Le ministère de l'Énergie américain estime que l'électricité éolienne sera fournie au même coût qu'une électricité conventionnelle dès 2010. L'Allemagne est plus pessimiste : elle vient de reconduire sa tente à oxygène de subventions qui soutiendront l'industrie renouvelable jusqu'en 2018 (contre 2012 précédemment).

Avec un baril de brut au-dessus de 120 $, les énergies dites renouvelables deviennent de plus en plus attractives, tout au moins chez les antinucléaires farouches. Une myriade d'entreprises a vu le jour, qui tente de tirer parti de cette manne. Peu importe que la rentabilité ne soit pas au rendez-vous. "On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif", disait-on au temps du bon sens paysan. Pour certains pays, l'électricité née de l'atome reste haïssable, et tout vaut mieux qu'une centrale. Tout, y compris de l'électricité payée à cinq fois le prix, des subventions, des absurdités techniques vendues au motif d'écologie. Dans certains cas, les éoliennes débrayées tournent en roue libre sans livrer leur électricité. En effet, lorsque le réseau électrique n'en a pas besoin, il ne faudrait pas que les observateurs puissent penser que ces nouveaux moulins à vent défigurent le paysage pour rien. Qui sait, des vocations de Don Quichotte pourraient surgir.

Propulsés par diverses carottes fiscales, les investissements en énergie renouvelable ont augmenté de 60% en un an, pour atteindre 148 Mds$ en 2007. Les prospectives des Nations-Unies donnent 450 Mds$ en 2012 et 600 Mds$ en 2020. Le phénomène reste encore l'apanage des pays riches – États-Unis et Europe – qui peuvent se permettre de puiser dans la poche de leurs contribuables. La Chine, l'Inde et le Brésil préfèrent brûler du charbon ou transformer du sucre. Malgré tout, l'apport des pays émergents représente déjà 22% de ce marché. Au États-Unis, le plan Pickens est promu par un magnat républicain du pétrole, T. Boone Pickens. Il souhaite construire des "fermes à vent" dans le corridor favorable qui va du Texas au Dakota. Budget : 1 000 Md$ et 200 Mds$ pour le raccordement au réseau électrique. Âgé de 80 ans et pesant 4 Mds$, Pickens est désintéressé.

Quand on aime, on ne compte pas...

Sa société Mesa Power a déjà investi 2 Mds$ pour construire la plus grosse installation éolienne mondiale à Pampa. Et Pickens va payer de sa poche les lignes qui vont acheminer le courant de Pampa, qui n'en a nul besoin, vers Dallas. Grâce à la marotte de Pickens, le Texas s'enorgueillit aujourd'hui d'une capacité de 5 000 mégawatts, la plus importante des États-Unis. Elle assure déjà 3% des besoins en électricité et mille emplois ont été créés. Mais les crédits d'impôt vont bientôt expirer.

C'est donc bien d'avoir la fibre écologique, mais attention à la bulle. Les chiffres de progression du secteur sont certes attrayants, mais la rentabilité n'est pas encore au rendez-vous pour les entreprises. Il s'agit d'un investissement opportuniste, susceptible de tripler en trois ans, mais risqué.

Par Simone Wapler, 01 septembre 2008

 

 
 
OBSERVATOIRE DE L'ENERGIE